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« À cœur ouvert : Histoire de la cardiologie »

La cardiologie est une discipline récemment intégrée à l’histoire de la médecine. Pendant longtemps, le cœur était une partie du corps inaccessible. On en comprenait mal le fonctionnement et les mécanismes, mais on reconnaissait qu’il jouait un rôle vital. Aux XIXe et XXe siècles, des instruments ont été créés pour observer l’activité cardiaque et traiter les maladies du cœur. Cette exposition examine en profondeur la science médicale liée au cœur humain, de l’époque de William Harvey aux innovations du XXe siècle.

Les visiteurs en apprendront davantage sur la cardiologie par l’entremise de quatre personnages historiques différents, William Harvey, René Laennec, Willem Einthoven, John Alexander Hopps, et découvriront dans quelle mesure leurs innovations ont contribué à la cardiologie moderne.

L’exposition s’appuie sur des collections du Museum of Health Care et des images de la Wellcome Library. Elle présente aux visiteurs des innovations marquantes dans le domaine de la cardiologie, comme le stimulateur cardiaque ou le défibrillateur, et illustre leur importance dans l’évolution des soins de santé.

Stéthoscope, Collection d’artefacts de la bibliothèque Osler, #262
Stéthoscope de Laennec
Suite à sa première expérience en 1816, René Laennec commença à travailler sur une variété de stéthoscopes avant de publier ses résultats en 1819. Ce tube est un des premiers modèles qu’il créa. Il est fait de trois pièces de bois dur contenant une tubulure de laiton et pouvait être désassemblée. Laennec construisit la plupart de ces premiers modèles lui même.
Stéthoscope collection d’artefacts de la bibliothèque Osler, #293-2
Stéthoscope Cammann
Plusieurs médecins suivirent l’exemple de Laennec en créant des stéthoscopes plus performants. La plupart expérimentèrent avec le tube monaural, mais dans les années 1850 des modèles à tubes flexibles firent leur apparition, et en 1851 le médecin irlandais Arthur Leared créa le premier stéthoscope binaural pouvant se placer dans les deux oreilles. Cette invention fut commercialisée par George Camman l’année suivante, qui publia également un oeuvre majeure sur l’auscultation.
Schéma de saignée. Ketham, Joannes de.  Fasciculus medicine.  Venice: Joannem & Gregoriũ de Gregorijs fratres, 1500. Collection de la bibliothèque Osler.
La saignée comme remède aux maladies cardiaques
Pendant une longue part de l’histoire médical occidentale, un remède populaire prescrits pour traiter les problèmes cardiaques était la saignée. Les médecins croyaient que le sang était constamment créé et rarement éliminé, et pensaient que le mauvais sang pouvait affecté le corps et bien sûr le coeur. En enlevant ce sang on pouvait donc alléger voir même guérir ces problèmes. Ce schéma démontre les différents points où la saignée pouvait être effectuée et date du XVIe siècle.
Harvey, W. Exercitatio Anatomica de Motu Cordis,Francofurti: Sumptibus Guilelmi, Fitzeri, 1628. Collection de la bibliothèque Osler.
William Harvey
Harvey est née en Angleterre en 1578 et poursuiva des études en médecine à l’université de Padoue en 1599. Il devint éventuellement le médecin de Jacques Ier, et fut même chargé d’enquêter sur des cas de sorcellerie. En 1628, il publia son ouvrage le plsu célèbre De Motus Cordis, ou Des mouvements du coeur et du sang, dans lequel il expliqua ses découvertes sur la circulation sanguine et le rôle du coeur en tant que pompe. Ses idées ébranlèrent des siècles de savoir médical. Cette planche illustre une expérience conduite par Harvey et publiée dans son traité, démontrant le rôle des artères et des veines, ainsi que révélant la présence de valves.
Paquet de digitale. Musée de la Santé, #1977.12.140
La digitale
En 1776 un médecin du nom de William Withering examina une patiente souffrant d’un oedème. Croyant qu’il n’y avait rien à faire il s’en alla, mais appris plus tard qu’elle avait survécue en utilisant un vieux remède de feuille de digitale, une plante de jardin commune. Withering se mit à étudier les effets de la plante pour une décénnie, et découvrit que l’oedème était causé par un coeur trop faible et que la digitale pouvait soulager ces symptômes en normalisant le rythme cardiaque. La digitale était très dangereuse à utiliser car il s’agit d’uen plante hautement toxique et même fatale à grande dose, mais sa découverte amena d’autres formes de traitements.
Un des premiers electrocardiographes en 1911. Cambridge Scientific Instrument Company Catalogue.
Électrocardiogramme
Willem Einthoven fut le premier à réussir la construction d’une machine qui pouvait enregistré le pouls cardiaque d’un patient à travers le courant électrique généré par son battement. Einthoven fut né en Indonésie et grandit dans les Pays-Bas et commença à expériementer avec les électrocardiogrammes après être devenu professeur de médecine à Leiden. En 1901 il créa une machine qui utilisait un galvanomètre à fil. Chaque fois qu’un courant était enregistré, le fil bougeait grâce à l’effet d’un électro-aimant, le résultat étant imprimé sur un rouleau de papier photographique montrant le diagramme du rythme cardiaque. La machine était très complexe, et le patient devait immergé ses mains, et même ses pieds, dans des jarres connectées à une machine. Son invention inaugura la cardiologie comme spécialité médicale.
Défibrillateur Birkos, 1949. Musée de la Santé, #997008031
Défibrillateur
Le principe de la défibrillation fut démontré vers 1899, mais les dangers de cette procédure ralentirent les progrès considérablement car le coeur du patient devait être exposé et le courant devait y être appliqué directement. Ce ne fut qu’en 1947 que la défibrillation fut utilisée avec succès pour la première fois sur un patient humain. Claude Beck, un professeur de chirurgie, opérait un graçon de 14 ans qui tomba en arrêt cardiaque. Après 45 minutes de massage cardiaque, le défibrillateur arriva finalement et fut appliqué sur le coeur, sauvant la vie du garçon. La décénnie suivant vit le développement d’une méthode à poitrine fermée et à courant direct, sauvant plusieurs autres vies.
Pacemaker de John Hopps. Musée canadien des sciences et technologies, #2002.0062.001
Pacemaker
Le premier modèle de pacemaker fut une invention relativement accidentelle. Les Docteurs Wilfred G. Bigelow et John C. Callaghan travaillent tous les deux à Toronto sur la chirurgie cardiaque froide. Ils croyaient qu’en provoquant un état d’hypothermie ils pourraient abaisser le rythme cardiaque et permettre la chirugie à coeur ouvert. Pour se faire ils avaient besoin d’un moyen de garder le coeur battant, et ils eurent l’idée d’utiliser un courant électrique pour se faire. Ils engagèrent un ingénieur électrique du nom de John Hopps qui créa en 1949 une machine externe qui pouvait réguler le rythme cardiaque grâce à un fil électrique s’en allant au coeur par la jugulaire. Après 10 ans, le premier pacemaker portable fut finalement implanté en Suède avec grand succès.