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Lauréats du Prix (régional) du Mentor de l’année


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Lauréats 2018

Dr Simon Holland, FRCSC, Vancouver

Région 1 Dr Simon Holland, FRCSC, Vancouver

L’été dernier, un réfugié syrien devenu pratiquement aveugle en raison d’un trouble génétique a reçu une greffe de cornée. Son cas avait été confié au Dr Simon Holland, l’un des meilleurs experts canadiens dans ce type d’intervention, qui exige une minutie extrême. Le lendemain de la chirurgie, lorsque le Dr Holland a retiré le bandage du patient, il a montré deux doigts. « Deux », annonça le patient. Le soulagement et la joie étaient palpables dans la salle. Aujourd’hui, le patient lit des cartes et des panneaux routiers pour circuler dans sa nouvelle ville d’accueil. « Lorsqu’on me l’a emmené, on devait le guider; un mois plus tard, il lisait », raconte le Dr Holland. Il ne dit jamais que ces moments le rendent fier; il dit plutôt qu’il se sent « satisfait, reconnaissant ».

Professeur clinique au Département d’ophtalmologie de l’Université de la Colombie-Britannique, le Dr Holland est un spécialiste de renommée mondiale en chirurgie de la cornée, des cataractes et des troubles oculaires réfractifs. Il a formé des ophtalmologistes partout dans le monde à bord de l’avion-hôpital Orbis et il dirige des stages de résidence à Fort St. John, en Colombie-Britannique. « C’est très gratifiant de les voir évoluer. Les jeunes de cette génération sont tellement brillants, peu importe d’où ils viennent. Avec les bons moyens et la formation nécessaire, l’avenir s’ouvre à eux », poursuit-il.

Le Dr Holland a beau offrir de la formation et du soutien, il avoue être étonné chaque fois qu’un jeune médecin le remercie de l’avoir inspiré. « Je ne crois vraiment pas y être pour grand-chose. En fait, je n’y suis probablement pour rien », ajoute-t-il en riant.

Le Dr Colten Wendel, résident en ophtalmologie à l’Université de la Colombie-Britannique, n’est pas d’accord. Le Dr Holland a passé des heures à discuter avec lui de cas compliqués en prenant un café, ou à lui fournir des conseils par téléphone. Un jour, le Dr Holland a retardé son vol pour prêter main-forte à un collègue du Dr Wendel durant une intervention d’urgence. « C’est l’un des patrons les plus gentils et compétents que je connaisse », soutient le Dr Wendel.

Le Dr Murad Alobthani, qui suit actuellement un stage au département du Dr Holland, affirme qu’on ne fait pas uniquement appel au Dr Holland pour sa vaste expertise, mais aussi pour sa présence rassurante et son soutien émotionnel. Des complications sont survenues durant une intervention du Dr Alobthani et le Dr Holland l’a aidé à retrouver sa concentration et à réagir en conséquence. Par la suite, le Dr Holland a passé une heure avec lui; il lui a rappelé que les complications sont toujours possibles et l’a rassuré au sujet de ses compétences.

Lorsque les choses ne se passent pas comme prévu, « nombreux sont ceux qui se défilent, souligne le Dr Holland. C’est pourtant à ce moment que les gens ont le plus besoin de soutien ». Le Dr Holland avoue que ses propres mentors l’ont incité à faire profiter les autres de son expérience. « J’ai été très privilégié durant ma carrière; j’ai eu d’excellents mentors, des occasions en or et beaucoup de chance ».

Dr Eugene Marcoux, FRCPC, Saskatoon

Région 2 Dr Eugene Marcoux, FRCPC, Saskatoon

Le Dr Gene Marcoux, professeur de psychiatrie à l’Université de Saskatchewan et psychiatre consultant pour plusieurs centres de santé ruraux, n’a pas froid aux yeux. Deuxième d’une fratrie de sept, il a adopté cinq enfants, formé des ambulanciers dans des camps de réfugiés cambodgiens et agi comme mentor auprès de centaines de jeunes psychiatres, étudiants en médecine et médecins de famille. Selon lui, un professeur est « quelqu’un qui ne peut pas s’empêcher de transmettre son savoir lorsqu’il apprend quelque chose. » Le Dr Marcoux est la définition même d’un professeur.

Pendant ses cours interactifs très stimulants, le Dr Marcoux invite souvent ses étudiants à prendre le marqueur sur le tableau blanc et à répondre à sa question préférée : « Qu’avez-vous appris? »

Selon la Dre Marilyn Baetz, chef du département de psychiatrie de la région sanitaire de Saskatoon et du Collège de médecine, « l’excellent enseignement clinique » du Dr Marcoux en a inspiré plusieurs à étudier en psychiatrie et à pratiquer dans la province, entraînant ainsi « un engouement important pour notre département ».

Le Dr Timothy Ehmann, psychiatre auprès des enfants et des jeunes à Saskatoon, se souvient des nombreuses questions que le Dr Marcoux lui posait pour lui permettre de montrer ses connaissances à l’époque. Lorsque le Dr Ehmann répondait l’air perplexe, « ça ne faisait que redoubler son ardeur à m’enseigner ».

Laisser les étudiants « pâtir » un moment avant de les secourir est la tactique adoptée par l’ancien instructeur de natation. « Je veux pousser les jeunes médecins aux limites de leurs connaissances et poser des questions qui vont au-delà de leurs apprentissages de base », de dire le Dr Marcoux.

En plus d’une génération de jeunes psychiatres en Saskatchewan, un certain nombre de médecins de famille ont profité de sa passion d’apprendre et de partager ses connaissances. Pendant 10 ans, le Dr Marcoux a donné un cours par mois aux médecins de famille afin de discuter des cas difficiles. Sa motivation était la longue liste d’attente en psychiatrie à l’échelle provinciale et sa prise de conscience que « nous n’aurons jamais assez de psychiatres ». En formant des médecins de famille pour étendre leur prestation de soins psychiatriques, il s’est rendu compte qu’il pouvait réduire l’envoi de patients en consultation. « Les médecins avec qui nous avons travaillé sont devenus fantastiques. Ils m’envoient rarement un patient en consultation et s’ils le font, c’est pour un cas très pointu », ajoute le Dr Marcoux.

Dans son engagement pour améliorer l’accès, le Dr Marcoux a aussi codirigé la création d’une clinique d’évaluation rapide qui a vu le jour en 2017 à Saskatoon. La clinique s’assure que les patients qui se présentent à l’urgence pour un trouble psychiatrique reçoivent des soins en moins de deux semaines, et ce, dans le but d’offrir un soutien continu et de prévenir les épisodes d’urgence à l’avenir.

Comme le dit le Dr Yanbo Zhang, psychiatre au Royal University Hospital à Saskatoon et l’un des nombreux mentorés du Dr Marcoux : « Le Dr Marcoux est un chef de file remarquable qui fait preuve d’une conscience sociale au-delà des normes pour les soins des patients, l’allocation des ressources et la justice sociale ».

Dr Joel Ray, FRCPC, Toronto

Région 3 Dr Joel Ray, FRCPC, Toronto

Il y a quelques années, alors que le Dr Joel Ray effectuait un suivi auprès d’une patiente qui se rétablissait d’une crise de convulsions causée par sa grossesse, celle-ci a voulu savoir si elle risquait de faire une autre crise maintenant que son bébé était né. Il ne pouvait pas lui répondre, et a donc proposé à une collègue, la Dre Kara Nerenberg, de mener une étude à ce sujet avec elle.

Même si, de façon générale, le médecin chevronné est considéré comme l’auteur principal d’une étude (dans le cas présent, le Dr Ray), celui-ci a encouragé la Dre Nerenberg à la diriger. « Il a partagé son temps, son expertise et son soutien financier pour que l’étude puisse être menée à bien », précise-t-elle. Grâce à cette dernière, les femmes qui ont eu des convulsions durant la grossesse savent maintenant qu’elles risquent davantage d’avoir une autre crise convulsive, même si le risque global reste faible.

Cette anecdote montre à quel point le Dr Ray n’hésite pas à favoriser la progression des médecins en début de carrière. Le Dr Eyal Cohen, chercheur et pédiatre à l’Hôpital pour enfants malades (SickKids) de Toronto, se rappelle que même si le Dr Ray « n’a pas été mentionné en tant qu’auteur principal d’une grande partie des travaux », il lui a prodigué des conseils à maintes reprises.

Au cours des 20 dernières années, le Dr Ray a contribué à des dizaines d’études qui montrent dans quelle mesure les complications survenues durant la grossesse, comme les accouchements prématurés et la prééclampsie, permettent de prévoir le risque de maladies cardiovasculaires, plusieurs années après. « Le premier événement vasculaire touche souvent le placenta, et non pas le cœur de la femme enceinte, explique-t-il. C’est incroyable de penser que la grossesse peut donner des signes avant-coureurs de l’état de santé futur d’une femme. Les obstétriciens et les médecins de famille accentuent maintenant leur collaboration afin de déceler les patientes qui ont de graves complications durant leur grossesse et qui doivent réduire leur tension artérielle et perdre du poids après la naissance de leur enfant.

Les idées novatrices du Dr Ray ont eu une incidence considérable sur la santé des mères et de leurs bébés. Ceci est évident quand on regarde ses premiers travaux mettant en valeur les avantages de prendre un supplément alimentaire d’acide folique ou ses recherches actuelles, qui montrent que les échelles de poids à la naissance ne sont pas appropriées dans de nombreux cas lorsque l’origine ethnique n’est pas européenne.

Heureusement, le Dr Ray a insufflé la même détermination et la même curiosité à la prochaine génération. « Il ne fait jamais sentir à un stagiaire ou un collègue que sa question n’est pas importante, confie le Dr Howard Berger, chercheur associé et collègue du Dr Ray à l’Hôpital St. Michael’s. Il corrige le tir de façon respectueuse, suscite l’intérêt et donne toujours une réponse, mais si cette réponse est “ je ne sais pas “. C’est là que le véritable enseignement commence, car chacun ne cesse de chercher une réponse à la question. »

Dr Olivier Jamoulle, FRCPC, Montreal

Région 4 Dr Olivier Jamoulle, FRCPC, Montreal

Le Dr Olivier Jamoulle a remarqué il y a plusieurs années que des résidents de première année venaient le voir dans son bureau, car ils se sentaient dépassés. Ils avaient fait leur apprentissage de la médecine, surtout dans des salles de classe, et soignaient maintenant de vrais patients. « C’est une énorme transition », dit-il, et certains se sentaient débordés. Au cours des dernières années, il a créé un programme d’« immersion » d’un mois qui facilite cette transition. Il couvre tout, allant du fonctionnement du système électronique de l’hôpital aux spécialistes qui peuvent aider les résidents. « Nous leur enseignons entre autres à travailler avec tous les professionnels dans l’hôpital et à demander un examen radiologique », explique-t-il. L’évaluation du programme a révélé qu’après quatre semaines, les résidents ont davantage confiance en eux.

En plus de ce stage d’immersion, le Dr Jamoulle a remanié le programme d’enseignement, lancé des projets interprofessionnels de communication en santé et encadré la formation d’environ 80 résidents, en tant que directeur du programme de résidence en pédiatrie à l’Université de Montréal de 2010 à 2017. La roulette combinatoire de la communication professionnelle en santé fait partie de ces projets : il s’agit d’un outil interactif à code de couleurs qui présente aux médecins débutants un certain nombre de scénarios de communication, allant de l’annonce d’une mauvaise nouvelle, au retard de développement chez les adolescents, aux problèmes de toxicomanie et aux patients sans rendez-vous.

Les étudiants et les résidents apprécient l’intérêt du Dr Jamoulle envers leur développement et leur future carrière, ainsi que sa tendance naturelle à trouver des façons de surmonter leurs obstacles. « Même s’il est très occupé, la ténacité et la patience dont il fait preuve afin d’aider chacun de ses protégés ainsi que son écoute témoignent de ses qualités exceptionnelles en tant que mentor », confie la Dre Catherine Hervouet-Zeiber, directrice des programmes de résidence en pédiatrie à l’Université de Montréal. « Il exprime ses opinions de façon honnête et constructive, mais ne les impose pas, et offre son soutien tout en favorisant l’autonomie de l’apprenant. »

Dans le cadre de sa pratique clinique, le Dr Jamoulle s’intéresse aux problèmes de santé complexes liés à l’adolescence, dont le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité et les troubles alimentaires. « Ces patients, en particulier, ont besoin d’un médecin qui fait preuve de patience et qui les écoute. Parfois, cela n’est vraiment pas facile, il faut du temps. Il faut procéder par petits pas, un à la fois, mais c’est tellement gratifiant de les voir revenir à 18 ou à 20 ans, ayant surmonté leur trouble alimentaire. »

En plus d’être inspiré par ses collègues, dont plusieurs auraient pu selon lui recevoir ce Prix du Mentor de l’année, il est motivé par ses étudiants. Leurs questions et leur enthousiasme le poussent à être au fait de la littérature récente et des avancées technologiques. « Les jeunes médecins sont tellement habiles maintenant. C’est tellement agréable de travailler avec un étudiant ou un résident; ils vous amènent à donner constamment le meilleur de vous-même », ajoute-t-il.

Dr Stephen Beed, FRCPC, Halifax

Région 5 Dr Stephen Beed, FRCPC, Halifax

Au début des années 2000, alors qu’il était chef des soins intensifs au Centre des sciences de la santé Queen Elizabeth II, le Dr Stephen Beed a dû surmonter un grave problème : la pénurie de spécialistes aux deux unités de soins intensifs du centre, à Halifax. Des données démontrent que les spécialistes ont tendance à exercer près du lieu où ils ont été formés et, à ce moment, le Dr Beed se souvient que « les programmes de formation n’étaient pas légion à l’Est de Montréal ».

Le Dr Beed et ses collègues ont donc passé les trois années suivantes à échafauder un programme universitaire; ils ont conçu le programme d’études, formé les enseignants et sollicité la participation des professionnels de la santé et des administrateurs. Depuis 2007, plus de 15 intensivistes ont suivi le stage de perfectionnement en soins intensifs à l’Université Dalhousie, puis ils ont accepté des postes dans des unités de soins intensifs en Nouvelle-Écosse et dans les provinces avoisinantes. « Nous avons réinventé les soins intensifs dans les provinces de l’Atlantique », explique le Dr Beed.

Le Dr Beed a aussi exercé son pouvoir d’influence lorsqu’il a établi, avec ses collègues, le premier programme provincial de don d’organes, dont il est directeur médical depuis 2006. Le Dr Beed comprend à quel point les conversations peuvent être épuisantes pour les familles des donneurs, et il supervise un modèle très efficace qui garantit aux familles de discuter avec des experts conscients de l’importance de leur présence. « On sous-estime le temps, confie le Dr Beed. « Il faut faire attention à la quantité d’information que l’on souhaite transmettre aux familles ». Certains aspects du modèle ont été présentés dans le monde entier, puis ils ont été intégrés à de nombreux programmes au Canada.

La faculté du Dr Beed à se mettre à la place de ses patients – et à encourager ses stagiaires et collègues à faire de même – se reflète dans les nombreuses lettres de ses proposants. Ce qui ressort également, c’est la façon dont il a influencé toute une génération de leaders. Le Dr Ward Patrick, directeur médical principal du programme provincial de soins intensifs, met régulièrement en pratique les conseils du Dr Beed. Parmi ceux-ci : « vous avez peut-être raison, vous êtes peut-être même vertueux, mais ce qui compte vraiment, c’est d’être efficace ».

C’est une leçon que lui a donnée un de ses mentors après qu’il eut contrarié un collègue plus expérimenté lors d’une réunion, au début de sa carrière. « Je l’ai retenue parce que j’ai complètement foiré », ajoute-t-il en riant. Que faut-il pour être efficace? Comme l’explique le Dr Beed, il faut faire des compromis, reconnaître que notre opinion est biaisée et « parler à plus de gens qu’on ne le croirait nécessaire ».

Son humilité et sa capacité à intégrer une multitude de points de vue ont grandement influencé les programmes de formation en soins intensifs et de don d’organes qui ont permis de sauver la vie d’innombrables patients en Nouvelle-Écosse, et qui ont suscité beaucoup d’intérêt partout dans le monde.

2017

  • Dr Michael Giuffre, FRCPC, MBA - Calgary
  • Dr Allan Ross Ronald, FRCPC - Winnipeg
  • Dr Sherif El-Defrawy, FRCSC, PhD - Toronto
  • Dr Donald Sheppard, FRCPC, FECMM, FACHS - Montreal
  • Dre Sonia D. Sampson, FRCPC, BMLSc - St. John's

2016

  • Dr Aleem Bharwani, MPP, FRCPC - Calgary
  • Dre Margaret Burnett, CCFP, FRCSC, FACOG - Winnipeg
  • Dr Michael G. Fehlings, PhD, FRCSC, FACS - Toronto
  • Dre Christiane Bertelli, FRCPC - Montréal

2015

  • Dr Michael F. Murphy, MD, FRCPC – Edmonton
  • Dr William P. Fleisher, MD, FRCPC - Winnipeg
  • Dre Dafna D. Gladman, MD, FRCPC – Toronto
  • Dr Pierre J. Durand, MD, FRCPC - Québec
  • D. Angus Hartery, MD, FRCPC - St. John’s