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Lauréats du Prix régional d’excellence ‒ Spécialiste de l’année


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Lauréats du prix 2018


Dr Savvakis Nicolaou, FRCPC, Vancouver

Région 1 Dr Savvakis Nicolaou, FRCPC, Vancouver

Alors qu’il était en début de carrière, le Dr Savvas Nicolaou trouvait injuste qu’un patient qui se présente aux urgences en pleine nuit doive attendre un diagnostic durant des heures, sous prétexte qu’aucun radiologiste n’était sur place pour interpréter ses résultats d’examen. Il s’inquiétait aussi du fait que la radiologie ne semblait pas évoluer au même rythme que la médecine d’urgence. Il s’est donc donné pour mission d’améliorer la radiologie de traumatologie d’urgence – tant les délais pour obtenir des résultats que la sécurité et la qualité de l’imagerie.

Le Dr Nicolaou a réalisé très tôt que les radiologistes devaient être formés pour déterminer les situations d’urgence graves dans des délais très serrés. En 2002, le Dr Nicolaou propose au service d'urgence de l’Hôpital général de Vancouver le tout premier stage de perfectionnement en radiologie de traumatologie d’urgence au Canada, auquel ont participé des dizaines de spécialistes qui exercent maintenant dans les services d’urgence du monde entier.

« Sous sa gouverne, la réputation du programme de stage en radiologie d’urgence offert à l’Hôpital général de Vancouver a dépassé les frontières, et il attire les plus brillants radiologistes du monde entier », fait remarquer le Dr Luck Louis, professeur agrégé de clinique aux départements de radiologie et de chirurgie à l’Hôpital général de Vancouver et à l’Hôpital de l'Université de la Colombie-Britannique. Des programmes similaires ont depuis été créés partout au Canada, notamment à Ottawa et Toronto.

En 2013, le Dr Nicolaou a grandement contribué à la création d’un service de radiologie ouvert tous les jours, 24 heures sur 24, à l’Hôpital général de Vancouver. Le service d'urgence compte désormais sur la présence d’un radiologiste en tout temps. Les radiologistes d’urgence peuvent appeler les médecins pour leur expliquer ce qu’ils voient à l’écran au moment même où les patients subissent une tomodensitométrie ou une échographie. Les médecins n’ont donc pas à attendre le rapport pour établir un diagnostic et traiter leurs patients.

« Il a instauré le premier service de radiologie ouvert en tout temps au Canada, soutient le Dr Nicolas Murray, radiologiste à l’Hôpital général de Vancouver. Auparavant, la radiologie était perçue comme un service offert entre 8 h et 17 h, alors que les médecins orienteurs s’efforçaient d’obtenir des résultats d’examen en dehors de ces heures ».

Grâce au Dr Nicolaou, les patients peuvent désormais savoir s’ils ont un caillot au cerveau, une hémorragie gastrique ou une appendicite, et ce, en quelques minutes à peine. Des études démontrent que le protocole qu’il a développé a entraîné une baisse significative des taux de morbidité et de mortalité chez les grands blessés.

Grâce à sa capacité à mobiliser et inspirer les autres, le Dr Nicolaou a dirigé d’importants protocoles de sécurité en radiologie. À l’Hôpital général de Vancouver, lorsque cela est possible, des femmes en âge de procréer peuvent maintenant subir une IRM en contexte de soins aigus et ainsi éviter les effets néfastes possibles de la TDM sur le système reproducteur. Les taux de radiation sont également réglés en fonction du poids des patients et les indications médicales.

Comme en témoigne le Dr Murray, « il a littéralement révolutionné la pratique de la radiologie au Canada ».

Dr Michael Helewa, FRCSC, Winnipeg

Région 2 Dr Michael Helewa, FRCSC, Winnipeg

Professeur et directeur du service d’obstétrique de l’Hôpital Saint-Boniface de Winnipeg, le Dr Michael Helewa relate dans les salles de conférence et ses allocutions ses expériences des soins de première ligne lors de complications pendant la grossesse et l’accouchement. Il milite en faveur de l’amélioration des soins maternels dans les hôpitaux et les communautés rurales et éloignées, non seulement au Manitoba, mais aussi partout au pays.

Dans les années 1980, le Dr Helewa lisait la tristesse et l’anxiété sur le visage des femmes enceintes admises à l’hôpital pour y passer une autre nuit. Il voyait à quel point le fait d’être séparées de leur famille et de leur réseau de soutien créait des problèmes d’anxiété et de dépression chez ces femmes sur le point d’accoucher.

Vers 1985, le Dr Helewa et ses collègues ont lancé et promu le Programme de soins prénataux à domicile, grâce auquel le personnel infirmier peut offrir des soins à Winnipeg et dans les régions rurales du Manitoba. Ce programme populaire a prouvé que dans de nombreux cas, les femmes présentant des complications comme une prééclampsie et une rupture prématurée des membranes pouvaient recevoir des soins à domicile. Les recherches menées par le Dr Helewa et ses collègues ont montré que la prestation de soins à domicile menait à de meilleurs résultats de santé pour les femmes et leur bébé, si bien que plusieurs autres centres canadiens ont adopté ce programme, inspiré du modèle de réseau en étoile.

En 2005, à titre de président de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, le Dr Heleva a supervisé un autre programme afin de mieux utiliser le personnel affecté aux soins maternels de première ligne. Le projet de soins primaires obstétricaux concertés (MCP2) a permis de définir les rôles et d’améliorer la collaboration et la communication chez les professionnels des soins de maternité, dont les médecins de famille en région rurale, les sages-femmes, le personnel infirmier et les travailleurs sociaux.

Le Dr Helewa a contribué à un certain nombre d’importantes activités stratégiques et éducatives, dont la prise en charge des troubles hypertensifs durant la grossesse, le dépistage du streptocoque du groupe B, la stratégie nationale pour aborder la pénurie de main-d’œuvre en matière de soins obstétricaux (National Birthing Strategy) et le programme AMPROOB. Ce dernier est maintenant instauré dans des centres en Amérique du Nord afin d’améliorer la sécurité des soins obstétricaux.

Les mamans qui voient le Dr Helewa à l’hôpital en plein milieu de la nuit ne sont peut-être pas conscientes de ses contributions. Lui se considère comme un simple médecin. « Au cours des dernières années, il n’a pas cessé de militer afin d’assurer la continuité des soins et une attention personnelle à ses patients », écrit la Dre Carol Schneider, du Département d’obstétrique de l’Université du Manitoba. La Dre Shaundra Popowich, gynéco-oncologue et spécialiste de la médecine palliative, formée par le Dr Helewa, ajoute : « Je suis toujours impressionnée par la délicatesse dont il fait preuve dans ses évaluations. »

Le Dr Helewa a du mal à expliquer ce qui l’a motivé à défendre la cause de la santé des femmes, surtout celles qui vivent dans les milieux défavorisés et les régions éloignées. Son « adoration pour la spécialité, son étonnement face à ce que le travail d’équipe permet de réaliser, la santé des femmes en général et le simple désir de laisser quelque chose d’utile à la prochaine génération » font partie de ses sources de motivation.

Dre Jocelyn Garland, FRCPC, Kingston

Région 3 Dre Jocelyn Garland, FRCPC, Kingston

Comme le racontent les parents médecins de Claire Barber, leur fille serait morte si ce n’avait pas été de la Dre Jocelyn Garland. L’adolescente était dans un état critique avec une défaillance multiviscérale lorsqu’elle a été hospitalisée aux soins intensifs à Kingston. La Dre Garland, en vacances à ce moment-là, a commencé à donner ses directives par téléphone. Elle a diagnostiqué chez Claire une maladie rare ayant entraîné une insuffisance rénale aiguë.

La Dre Garland a collaboré avec des experts de partout dans le monde et a fait des pressions pour que Claire ait accès à un médicament coûtant 30 000 $ la dose. Alors que Claire sentait que certains médecins parlaient d’elle principalement comme « d’un cas médical intéressant », la Dre Garland lui parlait « comme à une personne et non comme à une patiente », se souvient Claire.

« Dès le début, on pouvait voir que la solide équipe de médecins autour de Claire s’en remettait à l’expertise de la Dre Garland », a écrit la Dre Karen Barber, médecin de famille de Kingston et mère de Claire. « Sous la supervision de Jocelyn, Claire a eu les soins les plus incroyables, témoignant de la plus grande compassion que son père (aussi médecin de famille) et moi n’ayons jamais vue ». Le traitement a permis d’éliminer complètement l’insuffisance rénale de Claire. Elle étudie maintenant à l’Université Queen’s.

En tant que directrice médicale de la clinique spécialisée sur les maladies du rein du Kingston Health Sciences Centre (KHSC) et professeure agrégée à l’Université Queen’s, la Dre Garland traite les patients atteints d’une insuffisance rénale rare et sérieuse. Grâce en grande partie à son leadership, l’Ontario Renal Network a désigné en 2018 le KHSC comme l’une des six cliniques spécialisées de la province pour la glomérulonéphrite et les soins de grossesse aux patientes atteintes d’insuffisance rénale chronique. Ainsi, des dizaines de patients peuvent maintenant recevoir des soins spécialisés dans leur propre région.

« De toute ma carrière, je n’ai jamais vu quelqu’un offrir des soins et avoir autant le souci du détail avec ses patients et dans sa relation avec eux », de dire le Dr Stephen Archer, chef de la faculté de médecine de l’Université Queen’s.

L’engagement de la Dre Garland envers ses patients se voit dans le temps qu’elle consacre après les heures de clinique pour répondre aux demandes de ses collègues et offrir un soutien émotionnel à ses patients. Selon Susanne Jeffrey, infirmière praticienne à la clinique, la Dre Garland s’évertue à expliquer les traitements possibles aux patients pour qu’ils puissent bien comprendre leurs options.

La motivation de la Dre Garland d’aller au-delà des attentes de ses patients, ce qui peut vouloir dire assurer la couverture de médicaments coûteux, vient de sa détermination. « Je dis souvent aux étudiants en médecine, si vous découvrez quelque chose, c’est vraiment à vous d’aller jusqu’au bout. Je pense souvent à la façon dont j’aimerais être traitée et j’essaie de traiter chaque patient ainsi ».

Dr David Fortin, FRCSC, Sherbrooke

Région 4 Dr David Fortin, FRCSC, Sherbrooke

Lorsqu’on lui demande quelle est sa plus grande réalisation, le Dr David Fortin, médecin en chef du département de neuro-oncologie du centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke, mentionne le laboratoire de recherche qu’il a établi il y a 15 ans et qui existe toujours.

Le laboratoire de recherche du Dr Fortin a permis de mettre au point l’un des traitements des tumeurs cérébrales offrant les meilleurs résultats au monde, et pourtant son existence a été menacée par un manque de financement il y a quelques années. Il est difficile de convaincre les organismes subventionnaires de financer la recherche étant donné que les tumeurs cérébrales sont extrêmement rares et que les principales percées thérapeutiques prolongent la vie en termes de mois et non pas d’années.

Le Dr Fortin sait à quel point ces mois sont précieux pour les patients. « Il y a toutes les connaissances acquises et les expériences vécues par cette personne, et tout un réseau de gens autour, dit-il. Lorsque vous réalisez toutes les conséquences de la perte d’une seule personne, c’est énorme. »

Au cours de la dernière décennie, le Dr Fortin a agi comme pionnier et a perfectionné un nouveau traitement appelé chimiothérapie intra-artérielle grâce auquel des médicaments sont administrés directement dans une ou plusieurs artères cérébrales. Cette méthode a ouvert un large éventail d’options pharmaceutiques, dont plusieurs ont une efficacité limitée lorsque le médicament est injecté dans le corps et ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique. Alors que les données montrent que la survie médiane est d’environ 15 mois pour les tumeurs gliales malignes, le Dr Fortin et son équipe prolongent la survie en moyenne de 25 mois.

« C’est pourquoi son équipe reçoit des patients de toutes les régions du Québec, et parfois des autres provinces », indique le Dr Robert Sabbagh, directeur de la recherche au département de chirurgie de l’Université de Sherbrooke. À l’heure actuelle, le Dr Fortin est en Europe pour montrer aux spécialistes comment appliquer cette méthode de traitement unique en son genre.

Novateur infatigable, le Dr Fortin expérimente aussi auprès de modèles animaux avec un gel chimiothérapeutique à libération lente prometteur qui est appliqué au cerveau une fois la tumeur retirée.

Toutefois, le Dr Fortin ne veut pas que le prolongement de la survie ne se fasse au détriment de la qualité de la vie. En 2009, il a développé avec son équipe un questionnaire permettant de mieux mesurer le bien-être psychologique et physique du patient. Les données des questionnaires les aident à choisir des options de traitement apportant les plus grands bienfaits tout en minimisant les préjudices.

Étant le seul spécialiste à effectuer une chimiothérapie intra-artérielle traversant la barrière hémato-encéphalique, le Dr Fortin suit ses patients pendant toute la durée de leur maladie. Comme l’explique le Dr Dominique Dorion, doyen de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, cela lui permet « d’établir des relations professionnelles très différentes, voire inhabituelles avec ses patients, qui sont fondées sur le soutien et l’empathie ».

Le Dr Fortin apprécie grandement les liens qu’il tisse avec ses patients et la gratitude qu’il lit dans leurs yeux. « Ils m’ont fait voir que la vie est tellement précieuse. C’est pour eux que je poursuis ma mission ».

Dr Philip Tibbo, FRCPC, Halifax

Région 5 Dr Philip Tibbo, FRCPC, Halifax

Lorsque le Dr Phil Tibbo était étudiant, on considérait que l’état d’un patient atteint de schizophrénie ne s’améliorait pas avec le temps et s’aggravait dans presque tous les cas. Le Dr Tibbo a contribué à corriger cette situation et à redonner espoir à ces jeunes patients durant la période la plus angoissante de leur vie. Grâce au traitement offert dans sa clinique et à la recherche nationale qu’il coordonne, il a montré, comme il le dit si bien, qu’« une rémission durable est très certainement possible ».

À titre de directeur du programme d’intervention précoce pour la psychose en Nouvelle-Écosse et de président du Consortium canadien d’intervention précoce pour la psychose, le Dr Tibbo soigne de jeunes adultes qui vivent un premier épisode psychotique; il mène aussi des recherches et plaide en faveur d’un meilleur soutien pour ces personnes. Les soins qu’il prodigue et promeut partout au Canada sont complets et incluent la thérapie cognitivo-comportementale, la médication, la thérapie familiale, l’activité physique et des programmes communautaires.

Le modèle d’intervention fait appel à une équipe multidisciplinaire de thérapeutes, de personnel infirmier et de travailleurs sociaux, et exige une sensibilisation des membres de la communauté afin de mettre fin à la stigmatisation. La Dre Pippa Moss, présidente de l’Association des psychiatres de la Nouvelle-Écosse, explique que le Dr Tibbo « est allé rencontrer le personnel dans des églises, des écoles et d’autres organismes communautaires partout dans la province afin de les informer davantage au sujet des premières phases de la psychose et du soutien requis au sein de la communauté ».

En raison des coûts élevés du modèle, le Dr Tibbo rencontre également des décideurs et des administrateurs de soins de santé pour leur montrer que l’investissement en vaut la peine. « Plus les patients mettent du temps à recevoir un traitement, plus il est difficile de les traiter, précise le Dr Tibbo, comparant la schizophrénie au cancer et au diabète. Le cerveau, surtout chez les jeunes adultes, peut s’adapter, mais cette faculté est limitée. » Le Dr Tibbo et son équipe ont montré que des investissements massifs en soins holistiques permettent de traiter la psychose à court terme et de prévenir de futurs épisodes et hospitalisations.

Le Dr Tibbo a également tenu des groupes de discussion auprès des jeunes et lancé plusieurs campagnes en ligne pour réduire la stigmatisation associée aux troubles mentaux, et mieux faire connaître le lien entre la consommation de cannabis et d’autres drogues dans le développement de la psychose.

Un grand nombre de ses patients ont abandonné l’école en raison de leurs symptômes; grâce aux interventions, ils peuvent reprendre leurs études et aller à l’université. « C’est une expérience tellement gratifiante. Ces personnes vivaient une grande souffrance et peuvent avec le temps reprendre pleinement leur vie en main, » se réjouit-il.

Sa passion et son engagement sont une source d’inspiration, non seulement pour les jeunes et leurs familles, mais aussi pour les psychiatres en début d’exercice. La Dre Sabina Abidi, chef de l’IWK Youth Psychosis Program, ajoute même : « C’est un plaisir de voir œuvrer ce médecin chaleureux et exemplaire auprès de ses patients ».

2017

  • Dr Donald Giovanetto, FRCSC, CCFP, DABO - Yellowknife
  • Dre Diana Elizabeth Tullis, FRCPC - Toronto
  • Dr Devinder Paul Cheema, FRCSC, CM - Montreal
  • Dr Ward D. Patrick, FRCPC - Halifax

2016

  • Dr Ernest P. Janzen, MD, FRCPC ‒ Calgary
  • Dr John M. Embil, MD, FRCPC, FACP ‒ Winnipeg
  • Dr Dilkhush D. Panjwani, MBBS, DPM, MD, MRCPsych, FRCPC ‒ Toronto
  • Dr Jacques E. Leclerc, MD, FRCSC ‒ Québec
  • Dr Ian R. Morris, BEng, MD, FRCPC, DABA, FACEP – Halifax

2015

  • Dr Vince Bain, MD, FRCPC – Edmonton
  • Dr K. Alok Pathak, MBBS, MS, FRCSC – Winnipeg
  • Dre Rosemary G. Moodie, MBBS, FRCPC – Ottawa
  • Dr Jacques L. Michaud, MD, FRCPC - Montreal
  • Dr Michael J. Mitchell MD, FRCPC - Halifax