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Le Dr Rob Fowler, FRCPC : Lauréat du Prix Teasdale-Corti d’action humanitaire du Collège royal de 2017

Rob Fowler

« Grâce au Dr Fowler, le monde a appris à traiter ce fléau »

Dr Rob Fowler

Interniste et médecin en soins intensifs

Lauréat du Prix Teasdale-Corti d’action humanitaire du Collège royal de 2017

  • Professeur du Département de médecine, Université de Toronto
  • Chercheur principal, Institut de recherche Sunnybrook
  • Directeur de programme, Recherche en épidémiologie clinique et soins de santé, Institut des politiques de santé, de la gestion et de l’évaluation, Dalla Lana School of Public Health

Avant de recevoir notre prix, le Dr Fowler s’était déjà démarqué dans le domaine des soins cliniques durant la flambée de SRAS en 2003 et la pandémie de grippe H1N1 en 2009-2010.

« Rob m’a escortée jusqu’à la zone rouge lors de ma première visite, il m’a regardée alors que j’enfilais ma combinaison avant d’entrer, puis il est resté avec moi jusqu’à ce que je retire ma combinaison avant de partir », affirme la Dre Adrienne Chan, FRCPC, spécialiste des maladies infectieuses qui a travaillé avec le Dr Fowler durant l’éclosion du virus Ebola en Afrique occidentale. « En tant que collègue et personne, il est très rassurant de voir que quelqu’un veille sur vous et s’inquiète vraiment pour vous. »

Un Canadien à la guerre contre le virus Ebola

Le Dr Rob Fowler est lauréat du Prix Teasdale-Corti d’action humanitaire du Collège royal de 2017. Rob a pris congé de son poste de médecin en soins intensifs pour joindre la mission de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) durant un an. Il ne se doutait pas qu’il serait l’un des premiers médecins internationaux à se rendre en Afrique occidentale en mars 2014, en pleine éclosion du virus Ebola, pour traiter des patients atteints de la maladie.

Dr. Rob Fowler and Dr. Tom Fletcher

Les Drs Rob Fowler et Tom Fletcher, alors qu’ils soignaient des patients atteints du virus Ebola en Guinée, mars 2014

Assurer la survie et les soins de soutien

En compagnie de professionnels de la santé locaux et de Médecins Sans Frontières (MSF) à l’Hôpital Donka de Conakry, en Guinée, Rob et ses collègues ont proposé de nouveaux protocoles cliniques pour soigner les patients atteints du virus Ebola, alors que les taux de mortalité atteignaient 70 à 90 pour cent pour cette maladie. Ils ont adopté un modèle de soins beaucoup plus vigoureux que celui habituellement offert à ces patients. Il s’agit du genre de soins que nous tenons pour acquis au Canada — réanimation liquidienne en cas de déshydratation sévère, intervention en cas d’anomalies électrolytiques et de dysfonctionnement d’organe associés aux maladies graves. Rob et ses collègues ont démontré au monde entier que ces stratégies aideraient les patients à survivre assez longtemps pour éliminer le virus Ebola de leur système.

Ebola treatment facility

L’hôpital de fortune de Conakry, en Guinée, où le Dr Rob Fowler et ses collègues ont traité les patients atteints du virus Ebola

« Ces patients n’ont pas à mourir »

Même si le rôle de Rob en Afrique occidentale consistait principalement à soigner les patients, il a aussi compris ‒ en tant que chercheur de l’Université de Toronto ‒ que l’on néglige facilement l’anecdote et l’opinion cliniques jusqu’à ce qu’elles deviennent une hypothèse que l’on vérifie, que l’on analyse et que l’on met par écrit. En Afrique, il a insisté pour que l’on assure la supervision éthique de la collecte de données cliniques dans les premières unités de traitement, outre les soins cliniques. Ses collègues d’Afrique occidentale et lui ont fourni les premières descriptions du virus Ebola dans de nombreuses publications phares, et insisté sur le fait que « ces patients n’ont pas à mourir ». La littérature examinée par des pairs, notamment The New England Journal of Medicine (PDF), et les médias ont fait état de leur revendication pour des soins de soutien vigoureux. Rob a défendu l’amélioration continue des soins cliniques dans le New York Times et d’autres médias en 2014 et 2015.

C’est la collaboration qui entraîne les meilleurs résultats

L’éclosion prenait des proportions inquiétantes à l’été 2014 et le taux d’infection et de décès chez les cliniciens nationaux était alarmant. Le Dr Fowler a recruté une centaine de cliniciens, notamment des médecins et des infirmières du Canada, dans la lutte engagée contre l’Ebola. Des organisations telles que Médecins Sans Frontières étaient très présentes en Afrique occidentale, mais leurs ressources humaines ne suffisaient pas. Voyant cela, l’Organisation mondiale de la Santé a fait appel à d’autres organisations médicales internationales. Outre Médecins Sans Frontières, l’Agence de la santé publique du Canada, la Croix-Rouge canadienne et les Forces armées canadiennes sont intervenues, à l’instar d’innombrables cliniciens canadiens. Rob, ses collègues et d’autres intervenants ont ainsi aidé des centaines de travailleurs de la santé à fournir des soins médicaux de première ligne, en toute sécurité. Alors que les capacités cliniques s’amélioraient au pays, ils ont aussi été en mesure de former des centaines de travailleurs de la santé locaux, panafricains et internationaux à l’automne et à l’hiver 2014-2015.

« C’est formidable que le Collège royal reconnaisse chaque année l’action humanitaire des médecins et chirurgiens », affirme le Dr Rob Fowler, FRCPC. « Je me sens privilégié d’être un lauréat, mais je ne suis pas seul à mériter ce prix; je le reçois au nom des innombrables personnes et groupes qui font ce travail chaque jour. »

Chute du taux de mortalité, de 80 à 20 pour cent

Le type de soins cliniques plus rigoureux proposé par Rob et ses collègues a joué un rôle déterminant dans la lutte contre l’Ebola. Au début de l’éclosion, le taux de mortalité en Afrique occidentale approchait les 80 pour cent. Compte tenu des mesures plus marquées en faveur de soins cliniques dans les pays touchés, des nouvelles lignes directrices sur la lutte contre la maladie et d’une meilleure intervention clinique de la communauté internationale, l’accès aux soins s’est amélioré et le taux de mortalité est passé sous les 40 pour cent. Parmi les patients traités dans les hôpitaux et les unités de soins intensifs européens et américains dotés d’un système de soins rigoureux, le taux de mortalité a diminué encore plus — sous la barre des 20 pour cent; c’est donc dire que quelque 80 pour cent des personnes atteintes de la maladie à virus Ebola ont survécu!

Un modèle pour ses collègues des professions de la santé


Dr Rob

Rob est devenu un modèle pour les travailleurs de la santé de première ligne durant l’éclosion du virus Ebola en 2014. Ses collègues et lui leur inspiraient confiance alors qu’ils s’affairaient à revêtir leurs combinaisons pour montrer à tout le monde qu’il était possible d’instaurer une nouvelle norme de soins en Afrique occidentale.

« La question de la sécurité était réellement préoccupante, et Rob a une épouse et un fils », confie le Dr Jan Hajek, FRCPC, témoin de l’intervention du Dr Fowler en Sierra Leone. « Alors que bon nombre d’entre nous étaient paralysés par la peur d’être contaminés et perplexes quant à l’équipement de protection personnel que nous devions porter, Rob prenait les devants, revêtait la combinaison et allait soigner les patients. »

« Il est devenu — avec le sérieux et la sagesse qu’il a acquis durant sa lutte contre de nombreuses épidémies — un modèle pour des milliers de travailleurs de la santé de première ligne en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone », affirme la Dre Sharmistha Mishra, FRCPC, spécialiste des maladies infectieuses à Toronto. « L’épidémie a cessé d’évoluer parce que nous osons maintenant faire plus pour nos patients. »

Encadré : Le travail des cliniciens canadiens est depuis toujours une source d’inspiration dans le monde entier

— Rédigé par le Dr Rob Fowler [Traduction]

Rob and Group

Le Dr Rob Fowler et des membres de l’équipe de formation et mentorat en prise en charge clinique de l’OMS à Freetown, en Sierra Leone, décembre 2014

C’est formidable que le Collège royal reconnaisse l’action humanitaire des médecins et chirurgiens au Canada et à l’étranger.

Comme l’ont prouvé les Drs Lucille Teasdale-Corti et son époux Piero Corti lorsqu’ils œuvraient à l’hôpital Lacor en Ouganda, c’est la collaboration qui entraîne les meilleurs résultats.

J’ai eu la chance de côtoyer des cliniciens dévoués en Guinée, en Sierra Leone, au Libéria et ailleurs en Afrique. Ils ont risqué leur vie chaque jour et, malheureusement, certains ont même perdu la vie.

Le travail accompli par l’Agence de la santé publique du Canada, Médecins Sans Frontières, la Croix-Rouge canadienne et les Forces armées canadiennes est une source d’inspiration.

Tous mes collègues canadiens méritent des remerciements pour leurs réalisations et pour l’exemple qu’ils ont donné, notamment les Drs Neill Adhikari, Adrienne Chan, Paul Charlebois, Mike Christian, Paul Gully, Jan Hajek, Tim Jagatic, Lynn Johnston, Ray Kao, Gary Kobinger, François Lamontagne, Bruce Lampard, James Lee, Aleksandra Leligdowicz, Keren Mandelzweig, Denis Marion, Allison McGeer, Sharmistha Mishra, Srinivas Murthy, Andy Simor, Jim Strong, Ross Upshur, Abel Vanderschuren et tous les autres que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer en personne.

Better Quallity

Le Dr Rob Fowler et ses collègues guinéens, les Drs Marie-Claire Lamah et Ibrahima Bah, à l’extérieur du centre de traitement de Conakry, en Guinée, avril 2014

Demandes des médias
Melissa Nisbett
Spécialiste principale en communications
Tél. : 613-730-8177, poste 426
mnisbett@collegeroyal.ca