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Tous deux lauréats du Prix Thomas Dignan en santé des Autochtones du Collège royal de 2017

« Jason et Lisa militent avec passion en faveur de changements historiques à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto. »

Left: Dr. Jason Pennington, FRCSC - Right: Dr. Lisa Richardson, FRCPC

« Sans ce programme et sans le mentorat, le soutien et l’amour de Lisa et Jason, je ne serais pas ici. Tous deux méritent vraiment ce prix. Ce sont de merveilleuses personnes, de formidables médecins et leaders, et de véritables atouts au sein de la communauté médicale canadienne. » — Ryan Giroux, diplômé métis du programme de médecine de l’Université de Toronto


Dr Jason Pennington, FRCSC

Chirurgien de la nation Huron Wendat

  • Professeur adjoint, Département de chirurgie, Faculté de médecine, Université de Toronto
  • Coresponsable du programme de formation en santé autochtone du programme de médecine de l’Université de Toronto

Dre Lisa Richardson, FRCPC

Interniste de la nation Anishinaabet

  • Professeure adjointe, médecine, Faculté de médecine, Université de Toronto
  • Coresponsable du programme de formation en santé autochtone du programme de médecine de l’Université de Toronto
Spirit Wind drummers

La formation Spirit Wind en prestation lors de l’inauguration du nouveau bureau de la formation médicale autochtone de l’Université de Toronto, en 2014.

Décoloniser l’institution

Deux médecins autochtones, la Dre Lisa Richardson, FRCPC, interniste de la nation Anishinaabe et d’origine européenne, et le Dr Jason Pennington, FRCSC, chirurgien de la nation Huron Wendat, sont les lauréats du Prix Thomas Dignan en santé des Autochtones du Collège royal de 2017 pour leurs travaux de décolonisation toujours en cours à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto. En 2014, ils ont cofondé l’Office of Indigenous Medical Education (bureau de la formation médicale autochtone), et ont revendiqué avec succès l’embauche d’un aîné-résident et d’une coordonnatrice de programme, tous deux Autochtones, pour encadrer l’apprentissage et le soutien aux étudiants. Ces initiatives ont entraîné l’augmentation du nombre d’admissions d’étudiants autochtones et mené à l’élaboration d’un solide programme d’études en santé autochtone, donnant lieu à une nouvelle cohorte dynamique et résiliente de médecins autochtones au Canada.

« C’était déjà un grand honneur d’avoir été proposés comme candidats, mais de remporter le prix… Et quel bonheur de pouvoir recevoir cette distinction à deux. Nous applaudissons l’Université de Toronto pour avoir reconnu qu’il s’agit ici d’un modèle bien spécial, et pour sa collaboration et son leadership. Les populations autochtones du Canada souffrent encore aujourd’hui d’effroyables inégalités et disparités en matière de santé — nous avons encore tellement de travail à faire pour combler les lacunes. »

— La Dre Lisa Richardson et le Dr Jason Pennington

Dr. Lisa Richardson, FRCPC

« Une des facettes préférées de mon travail est ma collaboration avec Jason. J’admire tant de choses chez lui. Il a un talent incroyable pour livrer un message clair et puissant de façon très réfléchie. Et cela fait en sorte qu’il est hautement respecté par tous ceux qui le côtoient. Jason est un formidable agent de changement parce qu’il sait si bien écouter et réfléchir. »

— Dre Lisa Richardson, FRCPC

Dr. Jason Pennington, FRCSC

« C’est un honneur de travailler avec Lisa dans ce bureau. Son énergie et son engagement envers la santé autochtone ne cessent de m’impressionner. Jamais elle n’est tentée de compromettre ses idéaux dans le seul but de pouvoir dire “voilà, c’est fait”. Avec Lisa, tout doit être fait de la bonne façon, d’une manière à la fois sécuritaire et respectueuse pour les gens de nos collectivités. »

— Dr Jason Pennington, FRCSC

Cat (Mark) Criger (Cayuga)

« Tous deux sont de formidables mentors, non seulement avec les étudiants mais aussi avec tous ceux qui souhaitent apporter de grands changements dans nos établissements. Je crois que si on fonctionnait toujours selon les anciens systèmes, ils deviendraient incontestablement des aînés, des gardiens de sagesse, des enseignants traditionnels ou des gardiens du savoir, puisque c’est ce qu’ils sont. Ils se vêtissent peut-être autrement que les anciens, ils évoluent dans un monde un peu différent, mais cette lueur qui les entoure est bien présente. »

— Cat (Mark) Criger (Cayuga), aîné-résident et auteur de la mise en candidature

Un des volets novateurs du programme de santé autochtone des Drs Pennington et Richardson est la série de déjeuners-causeries auxquels sont invités des aînés autochtones qui viennent parler aux étudiants en médecine d’enjeux interculturels, et leur enseigner des notions traditionnelles.

Un des volets novateurs du programme de santé autochtone des Drs Pennington et Richardson est la série de déjeuners-causeries auxquels sont invités des aînés autochtones qui viennent parler aux étudiants en médecine d’enjeux interculturels, et leur enseigner des notions traditionnelles comme les remèdes sacrés et les enseignements des sept grands-pères.

Faire valoir et intégrer les enseignements autochtones traditionnels

Lorsque le Dr Pennington a étudié à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto, de 1996 à 2000, son programme d’études de quatre ans ne comportait qu’un seul cours traitant de santé autochtone. « On nous présentait une version très occidentalisée de la santé publique, et d’une façon plutôt paternaliste », explique le chirurgien.

Vingt ans plus tard, le nouveau programme élaboré par lui-même et la Dre Richardson — qui comprend notamment une série de déjeuners-causeries avec aînés invités — fait des vagues dans le programme de médecine tout entier, intégrant les notions autochtones de l’âme, du corps et de l’esprit dans chacune des quatre années de formation.

« C’est formidable d’avoir la chance de côtoyer un aîné autochtone à la Faculté de médecine », affirme Ryan Giroux, étudiant en quatrième année de médecine. « C’est un des résultats concrets du travail de revendication d’espaces autochtones à la faculté qu’ont accompli Lisa et Jason, et un des premiers pas vers la décolonisation de la formation médicale. »

Le nouveau programme invite les étudiants en médecine à s’immerger dans la collectivité de Toronto et à participer à des cercles de tambour, à rencontrer des guérisseurs, à assister à des pow-wow et à prendre part à des cérémonies de suerie dans des centres de santé autochtone. Par ces discussions et rencontres, les étudiants peuvent constater de près la façon dont le racisme et les séquelles laissées par la colonisation et les anciens pensionnats ont entraîné les inégalités auxquelles sont confrontées les populations autochtones en matière de santé.

« Il faut enseigner le vrai, prendre une certaine distance des cours magistraux, affirme le Dr Pennington. C’est facile pour les étudiants de dire “bien sûr, j’ai entendu parler des anciens pensionnats” et “mais oui, je sais ce qu’est la rafle des années 1960”. Mais c’est en rencontrant des gens qui ont réellement vécu ces fléaux et en écoutant le récit bouleversant et viscéral de ces expériences que les étudiants s’imprègnent vraiment de ces réalités. »

La Dre Richardson s’adressant à son auditoire lors du premier sommet à l’intention des femmes en médecine universitaire (Summit for Women in Academic Medicine) du Département de médecine de l’Université de Toronto, en mars 2017.

La Dre Richardson s’adressant à son auditoire lors du premier sommet à l’intention des femmes en médecine universitaire (Summit for Women in Academic Medicine) du Département de médecine de l’Université de Toronto, en mars 2017. L’égalité des droits des femmes en médecine est un des domaines sur lesquels portent ses travaux de recherche.

Un programme axé sur la collectivité qui va au-delà de la dimension clinique

La Dre Richardson a élaboré un cours optionnel très couru où les étudiants rédigent des textes d’autoréflexion après avoir visité pendant quelques semaines plusieurs organismes torontois voués à la santé et au mieux-être des Autochtones, comme le Native Canadian Centre of Toronto et le Native Child and Family Services of Toronto.

Or, ce cours a une grande incidence sur les étudiants. Ces derniers ressortent de cette expérience avec une compréhension profonde non seulement de la colonisation et de ses conséquences, mais aussi du rôle qu’ils doivent jouer en tant que fournisseurs de soins de santé auprès des patients autochtones. Certains ont même publié leurs rédactions.
« Je suis époustouflée lorsque je lis ces textes, confie la Dre Richardson. C’est une expérience très transformatrice. »

« Le curriculum vitæ de Lisa est truffé de prix en enseignement. Elle est un véritable modèle à suivre — c’est l’excellence enveloppée de chaleur et de compassion », de dire le Dr Mark Hanson, FRCPC, professeur de psychiatrie et ancien directeur des admissions en médecine. « Elle sait mettre à profit son grand talent en enseignement et attirer les étudiants en médecine, et par conséquent, faire progresser les soins de santé destinés aux populations autochtones. »

La Dre Richardson et Rochelle Allan ont présenté une affiche sur le cours optionnel de santé autochtone en milieu urbain lors de la Conférence canadienne sur l’éducation médicale.

La Dre Richardson et Rochelle Allan ont présenté une affiche sur le cours optionnel de santé autochtone en milieu urbain lors de la Conférence canadienne sur l’éducation médicale.

Jason (Left), Cat (Middle), Lisa (right)

Les membres de l’Office of Indigenous Medical Education comprennent (de gauche à droite) le Dr Jason Pennington, Cat (Mark) Criger, aîné-résident, et Rochelle Allan, coordonnatrice du programme d’études médicales prédoctorales des populations autochtones.

Augmenter le nombre d’admissions d’étudiants autochtones

Le Dr Pennington se souvient d’une année, vers la fin des années 1990, où il était le seul étudiant autochtone déclaré comme tel dans toute la Faculté de médecine de l’Université de Toronto. Devenu plus tard membre du comité des admissions de la faculté, il s’est donné le devoir de faire entendre la voix autochtone et de fermement revendiquer des changements transformateurs.

Puis, en 2012, il a travaillé avec la Dre Richardson et le Dr Hanson, alors vice-doyen et directeur des admissions en médecine, à formaliser un parcours de demande d’admission parallèle à l’intention des étudiants autochtones.

Grâce à ce nouveau parcours, le nombre de demandes d’admission de candidats autochtones a augmenté, et la Faculté de médecine compte désormais des étudiants autochtones dans chaque année du programme. Ces brillants étudiants répondent évidemment aux mêmes exigences que leurs homologues non autochtones, quoique leurs demandes d’admission fassent toutefois l’objet d’une évaluation par un comité composé de membres de la collectivité, de représentants universitaires et d’étudiants autochtones.

D’ajouter le Dr Pennington : « Il reste encore beaucoup de travail à faire — les chiffres pourraient être bien plus élevés —, mais nous acceptons chaque année plusieurs étudiants autochtones en médecine. »

« Le travail ardu et passionné qu’a accompli le Dr Pennington pour établir le programme d’admissions pour étudiants autochtones a entraîné des changements historiques à l’Université de Toronto, affirme le Dr Hanson. Grâce au nouveau programme, la Faculté de médecine compte désormais — et pour la première fois depuis toute son existence — des étudiants autochtones dans chacune des années de son programme de quatre ans. »

Une danse traditionnelle présentée par de jeunes filles autochtones lors de la Dr. Peggy Hill Memorial Lecture on Indigenous Health, une conférence annuelle établie et organisée par les Drs Richardson et Pennington, avec le soutien de l’association des anciens étudiants en médecine de l’Université de Toronto, et qui vise à sensibiliser à la santé autochtone et à rapprocher les membres de la collectivité.

Une danse traditionnelle présentée par de jeunes filles autochtones lors de la Dr. Peggy Hill Memorial Lecture on Indigenous Health, une conférence annuelle établie et organisée par les Drs Richardson et Pennington, avec le soutien de l’association des anciens étudiants en médecine de l’Université de Toronto, et qui vise à sensibiliser à la santé autochtone et à rapprocher les membres de la collectivité.

Une Faculté de médecine transformée qui comble peu à peu le fossé des inégalités en matière de santé

D’année en année, le puissant travail de défense des intérêts accompli par les Drs Richardson et Pennington fait valoir l’importance de la santé autochtone à l’Université de Toronto. Grâce à leur modèle, la Faculté de médecine commence à donner suite aux appels à l’action issus de la Commission vérité et réconciliation du Canada, et à combler le fossé des inégalités en matière de santé auquel sont confrontées les populations autochtones.

« Les efforts et les puissantes revendications de Lisa et Jason ont véritablement transformé la formation médicale à l’Université de Toronto », ont déclaré la Dre Moira Kapral, FRCPC, et le Dr Arno Kumagai, tous deux de l’Université de Toronto, dans leur lettre conjointe de mise en candidature des Drs Richardson et Pennington. « Grâce à eux, cette université traditionnelle a apporté des changements structurels et systémiques à son programme d’études; elle est devenue un endroit plus sécuritaire et respectueux pour les étudiants et patients autochtones, et elle s’est engagée à travailler à la réconciliation et à l’équité en matière de santé pour toutes les populations autochtones. »